Première femme à accéder à ce poste dans l’Histoire de la France, elle n’y restera en fait que 10 mois. Elle démissionne après la défaite de la gauche aux régionales de 1992. Elle reste encore aujourd’hui la femme ayant eu la plus haute responsabilité politique du pays.
Elle semble en fait victime à la fois d’une conjoncture économique au plus mal – une inflation record à 3,3% en juillet 1991. Parallèlement, le nombre de chômeurs atteint le pic jusque là inégalé de 2,7 millions de demandeurs d’emploi – , et du conservatisme sous-jacent de la classe politique vis-à-vis des femmes. Sans oublier des initiatives impopulaires et des sorties malheureuses, notamment sur l’homosexualité supposée des anglo-saxons. En privé, elle aurait déclaré « la majorité des hommes [dans les pays anglo-saxons] sont homosexuels – peut-être pas la majorité – mais aux USA il y en a déjà 25 %, et au Royaume-Uni et en Allemagne c’est bien pareil. Vous ne pouvez pas imaginer ça dans l’histoire de France… Je considère qu’il s’agit d’une sorte de faiblesse. »
Par ailleurs, face à un journaliste et alors qu’elle est au téléphone elle déclare « la bourse, j’en ai rien à cirer ». On lui prête également des propos privés sur les japonais, assimilés à des « fourmis jaunes ». Elle doit alors faire face à la fois à la dureté de la presse et au machisme de la classe politique. Même, sa marionnette au Bebête Show est présentée comme une lèche-botte du Président Mitterrand, parfois avec violence. Dès lors, Elle perd le soutien de François Mitterand, et s’attire les foudres de membres de son gouvernement tel que Pierre Beregovoy, ministre de l’économie, qui la remplacera l’année suivante.
Agathe PETIT
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