


Eric Debarbieux v
ient d’être choisi par le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, pour présider le conseil scientifique des Etats généraux de la sécurité à l’école. Enseignant en sciences de l’éducation à l’université Bordeaux II, il est également directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école. Il revient sur sa nomination et nous éclaire sur le sujet dont il est un expert reconnu.
A quoi vont servir ses Etats généraux ?
Les états généraux sont une étape. Il s’agit de prendre du recul. Il y aura certainement des annonces politiques mais il faut être conscient que la violence à l’école est là depuis longtemps. Elle monte réellement depuis une trentaine d’années. Il est donc temps de prendre le temps d’y réfléchir. Il faut s’inscrire dans le long terme. Donc c’est d’abord une prise de hauteur. Après, il est vrai que les Etats généraux ne sont pas un colloque scientifique, c’est d’abord une manifestation politique sur laquelle on m’a demandé une analyse.
Plus précisément, quel sera le rôle de ce comité scientifique dont vous assurez la présidence ?
Je serais accompagné d’autres experts. Des sociologues, des psychologues mais aussi des criminologues. On interviendra dans les débats pour rappeler ce qui semble faire consensus chez les chercheurs sur ces questions de violence à l’école. Le comité scientifique est aussi chargé du suivi. C’est-à-dire que tout ce qui pourrait être décidé sera suivi et évalué de manière à juger de l’efficacité réelle des mesures qui pourraient être mises en place. Nous travaillerons à la fois sur des questions de sécurité mais aussi sur la prévention. Il ne s’agit pas de traiter des faits divers exceptionnels mais bien de comprendre quelle est cette violence, d’où elle vient et comment on la prévient. Le problème n’est pas simplement de punir les coupables mais de faire en sorte qu’il n’y a plus de victimes. Maintenant ce n’est pas nous qui prendrons les décisions, mon rôle n’est pas de me substituer aux politiques. C’est avant tout un rôle d’éclairage public.
De nombreux faits divers ont été fortement médiatisés ces dernières semaines. Y a-t-il un véritable pic de violence ou les médias en font-ils trop ?
Je ne crois pas à la hausse globale de la violence dans tous les établissements scolaires. Ce que je pense, et ce que je constate avec les chiffres, c’est que cette violence est très ciblée sur certains établissements. Donc la hausse existe mais elle est socialement inégalement répartie. Il y a vraiment là une forme de violence très liée à la délinquance. Il faut rappeler que l’immense majorité des établissements français ne connaissent pas de problèmes de violences insurmontables. Elle concerne essentiellement des établissements touchés par une forme d’exclusion. Il faut certainement réfléchir sur le caractère social et sur la lutte contre l’exclusion qui est lié avec cette violence à l’école.
Comment la violence s’exprime-t-elle au sein des établissements scolaires ?
Il y a de nouvelles formes de violences sur lesquelles il faut vraiment réfléchir. En particulier tout ce qui est lié au cyber harcèlement. C’est-à-dire des violences verbales voir physiques qui sont très liés à l’usage des nouveaux médias. En particulier d’internet. Il y a par exemple un très fort développement des mails injurieux dont souffrent certains gamins. Une étude de notre observatoire révèle que 18% des gosses sont touchés par ce phénomène. De la même manière certains problèmes sont liés aux SMS ou aux blogs. Il faut se pencher sur ces questions. C’est une violence différente. C’est important de réfléchir à toutes ces nouvelles formes qui peuvent gâcher la vie d’un certain nombre d’individus.
Il semble que les personnels de l’éducation nationale soient de plus en plus pris pour cible. Comment l’expliquez-vous ?
Ce type de violence est apparu à la fin des années 90. Une des évolutions majeure de la violence à l’école est qu’elle est devenue anti-scolaire, contre les institutions et contre les personnels. C’est le même phénomène que la violence contre les services publiques ou dans les transports. Le raisonnement de ces jeunes est le suivant : celui qui vient d’un monde qui n’est pas le mien, devient un ennemi. Mais tout cela ne concerne qu’une minorité d’adolescent. Il est important de le rappeler. La deuxième évolution importante, apparue en même temps, est le caractère collectif de certaines violences. Par exemple le racket, qui au départ était un affrontement entre deux élèves, est devenu un phénomène de bandes. C’est désormais à 7 ou 8 que l’on rackette un seul élève. Avec l’idée que la loi du plus fort est collective.
On parle aussi beaucoup de violences commises par des éléments extérieurs aux établissements ?
Les chiffres sont clairs. Partout dans le monde, le problème des intrusions est minoritaire. En France, les intrusions représentent 5% des violences graves. C’est un vrai problème par endroit qu’il faut traiter par des systèmes de sécurisation mais aussi de lien social avec le quartier. Ne traiter que le phénomène de l’intrusion serait ne s’attaquer qu’à une faible partie de la violence scolaire.
Le ministre de l’éducation Luc Chatel s’est dit pour la sanctuarisation des établissements scolaires avec notamment l’installation de portiques de sécurité et de caméras de vidéosurveillance. Quel est votre avis sur cette question ?
La sanctuarisation peut être utile par endroit mais aussi dangereuse si elle est mal conduite. Elle risque de couper l’établissement de son tissu social. Il ne faut pas non plus être naïf, certains établissements ont besoin à un moment donner de se replier sur eux-mêmes le temps d’une certaine sécurisation mais à condition que cette solution soit transitoire. Sinon, l’école peut être perçue comme étrangère à un quartier et devenir une cible.
Quelles sont les causes clairement identifiées de la violence à l’école ?
C’est un problème très complexe. L’instabilité des équipes adultes dans les établissements en est une. Les professeurs, les surveillants et les conseillers d’éducation sont plus efficaces pour prévenir et lutter contre les violences s’ils sont installés depuis un certain temps. La mixité des classes est aussi très importante. Il faut éviter de rassembler des élèves en échec scolaire ensemble au risque de créer des « classes cocotte-minute ». Les critères sociaux rentrent aussi en ligne de compte. Et puis il y a des causes totalement extérieures à l’école comme l’éducation des parents bien sûr. Un enfant qui subit des maltraitances à son domicile peut par exemple les reproduire pendant sa scolarité. Il faut surtout retenir que toute analyse simpliste d’un phénomène qui est hyper complexe nuit à la compréhension de celui-ci. Et c’est la même chose pour les réponses à apporter. A l’observatoire on s’est approprié une devise : « il y a toujours une solution simple à un problème complexe : la mauvaise ».
Propos recueillis par Simon Gleize
Un lien vers une initiative de lycéens :
http://www.youtube.com/watch?v=crLRyujRj1g
Mots-clefs : écoles, états généraux, bordeaux II, Chatel, Debarbieux, education nationale, observatoire, sanctuarisation, scientifique, université, violence à l'école, violences scolaires


9 août 2010 à 14:27 |
Aveuglés par leur féminisme ?
De très nombreuses personnes jugent l’essai « Le féminisme et ses dérives » (et parfois son auteur), d’après son titre et même souvent sans même lire son sous-titre « du mâle dominant au père contesté ». Le simple fait d’évoquer des dérives dans le féminisme leur paraît insupportable. Comme s’il n’y avait qu’une seule vision féministe qui, parfaite, n’avait plus à être questionnée, n’avait plus à progresser. Comme si prendre conscience de ses « fausses routes » risquait de favoriser un retour en arrière. Pourtant si le féminisme a constitué une révolution, n’est-ce pas en se bloquant qu’il risque de connaître la chute ? *
Ces fidèles partisans procurent pourtant du grain à moudre à la critique. En effet leur première dérive n’est-elle pas déjà de ne plus concevoir qu’ils puissent se tromper (ce qui est le propre des adeptes d’une idéologie qui s’enferment dans leurs certitudes) ?
Ces militants aveuglés par leurs convictions peuvent être, malheureusement, des personnalités chargées de missions importantes et censées nous éclairer sur l’état du monde actuel.
Il en est ainsi de notoriétés qui du haut de leur bonne conscience, ne prennent plus la peine ni de justifier ni de vérifier ce qu’ils avancent. Parmi elles, Eric Debarbieux, chercheur médiatique, spécialiste des violences, président de l’Observatoire International de la Violence à l’Ecole, président du conseil scientifique des “états généraux de la sécurité à l’école”… Persuadé d’être le détenteur de la Vérité scientifique, il se permet des jugements totalement gratuits. A la page 77 du livre « Les dix commandements contre la violence à l’école » Eric Debarbieux écrit : « Après son brulot intitulé « le féminisme et ses dérives de l’homme dominant à l’homme contesté » 2006 voici ce qu’écrit encore Jean Gabard pour dénoncer les effets de l’idéologie gynocentriste et sexiste que nous subissons : « Enseignant ayant suivi une formation en psychogénèse, je peux constater chaque jour le malaise de nombreux enfants. C’est pourquoi, j’ai voulu comprendre comment la « révolution libertaire et féministe », à laquelle j’ai participé, a pu aboutir, trente ans plus tard, à une telle crise de l’autorité et de la transmission, à une telle perte de repères … En se radicalisant, une vision du monde « féministe » a cependant tendance à devenir, chez des hommes et des femmes, une idéologie qui dérive… J’ai essayé de dévoiler ces dérives, en cherchant leurs origines et en montrant les conséquences de celles-ci dans notre vie de tous les jours et particulièrement dans l’éducation des enfants. (…) Le thème de mes conférences interpelle et incite au débat. Dans un premier temps, j’étudie, en m’appuyant sur l’histoire de notre civilisation, la réaction légitime du « féminisme » contre l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle et les bouleversements intervenus dans la famille. J’analyse ensuite les raisons pour lesquelles il est de plus en plus difficile de faire intégrer les limites, ce qui permet de réfléchir à la place que doivent prendre les pères et les mères afin que les enfants acquièrent les re-pères indispensables pour vivre en société, pour apprendre à l´école… pour devenir des adultes responsables. »
Eric Debarbieux fait-il preuve de bonnes qualités d’observateur ou se contente-il de suivre la bien-pensance en jugeant ainsi l’essai mentionné ?
S’il avait lu son contenu au lieu de l’imaginer d’après le titre, il n’aurait pas fait la confusion entre « homme » et « mâle » et ensuite entre « homme » et « père » dans le sous-titre. En effet l’essai ne s’appelle pas « Le féminisme et ses dérives – De l’homme dominant à l’homme contesté » mais « Le féminisme et ses dérives – du mâle dominant au père contesté » ! Et les mots « mâle » et « père » ont un sens !
S’il avait pris la peine de regarder simplement la couverture, avec attention, il n’aurait pas fait une maladresse aussi grossière !
Si de plus, il avait lu la quatrième partie « Changer de direction sans retour en arrière » et notamment le chapitre 4 « La fonction de mère et la fonction de père » il aurait constaté que des points de vue différents du sien sur la montée de la violence pouvaient être argumentés…
Mais Eric Debarbieux préfère qualifier de « brulot » un livre qu’il n’a vraisemblablement pas lu ni même vu ! C’est évidemment plus facile !
D’autre part Eric Debarbieux se contente de citer quelques extraits d’une présentation (en une page) de mon travail (le seul texte qu’il ait lu de moi !) et sans aller plus loin se permet de dire que mon analyse est une « réponse simple » d’une « idéologie commune et pseudo-savante ».
Nous ne pouvons donc qu’espérer qu’Eric Debarbieux, qui prétend parler au nom de la science, n’ait pas « observé » les violences à l’école aussi rapidement et avec autant d’aprioris qu’il étudie le travail des autres …
Dans un prochain article, j’expliquerai pourquoi il me semble que « des » féministes se trompent et ainsi ne simplifient pas la tâche, déjà difficile, qui consiste à vivre ensemble (hommes et femmes) et à éduquer nos enfants (et pourquoi il est possible de critiquer « des » propos de féministes sans être pour autant un macho et un réactionnaire)…
* « La révolution, c’est comme une bicyclette ; si elle n’avance pas, elle tombe » Che Guevara
Jean GABARD
conférencier et auteur de « Le féminisme et ses dérives – Du mâle dominant au père contesté » Les Editions de Paris
tél : 06 74 57 57 56
http://blogdejeangabard.hautetfort.com
http://www.jeangabard.com
jean.gabard@gmail.com